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Joseph ANDRAU 
(1907-1987) 

Président d’honneur de la Société des Artistes Méridionaux, Président de l’Association des Ecoles des Beaux-Arts de Province, Membre de la Commission Nationale pour la réforme de l’enseignement Artistique, Directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse de 1949 à 1978, Joseph Andrau, était un exemple d’intégrité, de volonté et de clairvoyance.
Né à Toulouse le 23 mars 1907, après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de sa ville natale, Joseph Andrau fréquente d’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, dans les ateliers de Coutan et Landowski. Après avoir participé brillamment aux épreuves de sculpture du Grand Prix de Rome, il revient à Toulouse en 1931. Dès cette époque il reçoit plusieurs commandes officielles et privées. En 1932 joseph Andrau expose pour la première fois au Salon des Artistes Méridionaux.
A 29 ans, en 1936, il est nommé professeur de Dessin de la Ville de Toulouse qui reconnait ainsi ses aptitudes de pédagogue.
Cinq ans plus tard, résistant, il est membre du Corps-Franc « Combat ».
A la libération, la Mairie de Toulouse lui confie la responsabilité des cours de l’Atelier Supérieur de Sculpture qui vient d’être créé.
Après avoir assuré, dès 1946, l’enseignement des 3ème et 4ème années de sculpture, il est nommé Directeur de l’école des Beaux Arts de Toulouse en 1949, et se dévoue dès lors totalement à « son » école qu’il place aussitôt parmi les plus brillantes des écoles d’art de France.
Profondément humain et attentif à son prochain, il s’attache à l’amélioration des conditions d’existence de ses étudiants.

Soucieux de dispenser au sein de l’Ecoles des Beaux Arts de Toulouse un enseignement de qualité, ses efforts sont récompensés lorsqu’en 1967, un élève toulousain, Robert Montier, reçoit le Prix de Rome.
De son vivant, Joseph Andrau a reçu l’approbation, la reconnaissance et la consécration de critiques renommés avisés et exigeants. R. Loustaunau, dans un compte-rendu de l’Académie des Arts écrit : « Dans sa sculpture Andrau recherche la beauté en même temps que l’expression et le caractère. Quelle pureté de ligne… quelle palpitation de vie… toute son œuvre est empreinte de finesse… tempérament qui donne à sa sculpture une telle intensité de vie et de noblesse ».
L’excellent critique d’art Christian Schmidt, consacre des articles élogieux au maitre sculpteur « l’un de nos grands artistes toulousains ». Il évoque la forte personnalité d’Andrau, en fait l’égal de Pythagoras de Rhegium.
Mademoiselle Schnir l’apparente aux artistes grecs du Ive siècle avant J.C. et affirme que l’art d’Andrau se rapproche, dans la pureté se son style, de celui de Praxitèle.
Robert Mesuret écrit : « Joseph Andrau, le plus modeste des hommes, nous en voudra-t-il de le comparer à Michel-Ange ? ».
Il a, à n’en pas douter, le sens du monumental, et dans la pierre et le marbre, il sculpte la plénitude des forces voluptueuses et somptueuses de la vie.
La force tranquille qui émanait de sa personne était le reflet de la sagesse de Joseph Andrau. Son calme imperturbable dissimulait une bonté, une délicatesse, une sensibilité sans égales.
Tous ceux qui l’ont connu ont eu le plaisir de découvrir en lui ces grandes vertus surannées, qui font cruellement défaut chez trop de nos contemporains, et qui sont le privilège des grandes âmes.
Aux heures les plus sombres de la dernière guerre mondiale, les combattants traqués de tous côtés savaient qu’il n’était de refuge plus sûr que dans l’atelier de « JO ». Combien sont allés rue des Potiers se reposer auprès de cet homme discret aux solides convictions, avant de repartir vers de secrètes missions ?

Pierre Darques


Geneviève DUBOUL  

Née d’une ancienne famille toulousaine, Geneviève Duboul débute ses études d’art dans l’atelier ICART à Toulouse. Elle les poursuit aux Beaux-Arts de la ville et passe enfin deux ans dans l’atelier d’André Lhote à Paris.
Elle expose pour la première fois aux Méridionaux en 1939 et en devient Sociétaire en 1942.
L’art de la céramique l’accapare fortement dans les années cinquante et elle travaille alors pour l’atelier Saint-Vincens à Perpignan pendant une quinzaine d’années.
Parallèlement, Geneviève s’engage dans la création de cartons de tapisseries pour Aubusson.
Mais elle ne renonce jamais à ses premières amours, la peinture, et déroule une oeuvre d’une figuration lyrique et onirique, douce et complexe à la fois qui distille tous les charmes, à tous les sens du terme, de sa personnalité.
Son travail est présent au Musée des Augustins avec un Nu.
Magicienne dans son art, elle est une poétesse et une fée qui nous convie à ses fêtes, dit d’elle Michel Briqueu.
Nous rendons hommage à Geneviève Duboul, l’une de nos fidèles doyennes dont les oeuvres nous accompagnaient encore l’année dernière, lors du Centenaire de notre Société.

Elle nous a quittés le 6 mars 2007.

Françoise Alric


Le Rêve Bleu - Gouache


Robert LAVABRE

Ne lui cherchez pas trop de références : Robert Lavabre était d’abord un peintre inclassable. Il définissait son Art comme non figuratif. Ce qui l’intéressait ? le fait pictural, le tableau pour le tableau, et ses gouaches sont autant d’espaces dégagés de l’observation du réel.
Autodidacte, Robert Lavabre a fait vibrer sa palette dans la mouvance post-cubiste, encouragé par Albert Gleizes. Il a abandonné ses pinceaux pendant vingt ans pour se consacrer à sa famille. Mais les Artistes Méridionaux ne l’avaient pas oublié et ils l’ont persuadé de se remettre au travail au début des années ‘80’.
Rythmes, cadences, mouvements, ponctuations … Les gouaches de Lavabre traduisent des pulsions, des états d’âme. Avec une exigence de plus en plus acérée, il cherchait à construire un espace pictural propre, à en assurer la structure dynamique par une suite de plans détachés, enveloppés de gestes larges, onctueux.
Le peintre utilisait une palette équilibrée et intime de tons subtils glissant progressivement vers des contrastes secrets. Sa touche, exempte de toute arrogance expressive, se pliait à la présence d’un lyrisme personnel parfaitement retenu.

Lavabre se démarquait de tout formalisme, réfutait l’anecdote pour développer une peinture de l’intérieur. En la lisant de près, on y découvre d’étonnants équilibres, des espaces scandés en demi-teintes ou encore des signes qui tirent leur dynamique du mouvement qui est contenu, mouvement devenu tension. C’est pourquoi elle ne laisse pas indifférent. Comment s’étonner, alors, que la spontanéité de Robert Lavabre, qui en faisait un être attachant, nous manque tant ?...

Robert Lavabre était trésorier de la SAM lorsqu’il nous a quittés, le 11 octobre 1988.

Henry Beulay


Maurice MÉLAT 

Maurice Mélat est né le 24 mai 1910 à Epernay, en Champagne, de parents commerçants. Il entre à l’école des Beaux-Arts de Reims puis, de 1927 à 1932, suit à Paris les cours de l’Éducation Nationale des Arts Décoratifs chez Legueult et Corlin. En 1931, il obtient le Prix d’Atelier et ses diplômes au Professorat de Dessin.
Parallèlement, il étudie la musique. Violoniste dès l’âge de 10 ans, élève de Robert Krettly, plus tard ami d’Arthur Honegger dont il fait le portrait (Fondation Honegger-Suisse), il ne cessera de pratiquer et de se perfectionner dans cet Art.
Sa formation musicale est on ne peut plus sérieuse, mais il lui faut choisir. La vie a ses exigences… Sa nomination en 1934 comme professeur de dessin au Lycée Pierre-de-Fermat va faire du champenois Mélat un de ‘ces Toulousains qui font Toulouse'.
A son arrivée, Maurice Mélat fait partie de l’orchestre de la Société Charles Bordes ou, en 1935, Arthur Honegger dirige son Oratorio  'le Roi David'.
Par ailleurs, ses activités d’enseignant ne se limitent pas au lycée ; il fonde en 1945 à l’école des Beaux-Arts, l’Atelier Supérieur de Préparation au Diplôme d’état du professorat de Dessin, atelier qu’il anime jusqu’en 1973.
Dès sa première participation, en 1936, au Salon de la Société des Artistes Méridionaux avec une toile qui ne passe pas inaperçue (représentant Joan Warner, la danseuse nue qui faisait scandale à l’époque), la réputation du peintre et du dessinateur est faite.

Depuis ce moment, tout au long de sa carrière picturale, l’on va retrouver le corps de la femme qu’il célèbre au travers de poses à la fois audacieuses et élégantes, où les visages aux regards volontairement lointains et absents leur confèrent cette abstraction ardemment recherchée.
Les commandes affluent : portraits pour les collectionneurs privés, peintures murales pour les bâtiments publics comme la salle Audouy, commande de l’état au Palais Consulaire, ‘portraits Collectifs’ des membres de la Chambre de Commerce de Toulouse, toile dont le transport nécessite, auprès de Paul Mesplé, conservateur du musée des Augustins, l’emprunt du ‘rouleau’ de Dominique Ingres et déplace ses multiples éléments de châssis en un véritable ‘monôme’ à travers la ville.

Toujours à l’instar du Maitre montalbanais, Maurice Mélat continue à partager son temps entre ses brosses et son archet. Tout naturellement, lorsque ses nombreuse expositions personnelles (Toulouse, Paris, Monaco, Epernay, Vallauris, Epinal…) lui en laissent le temps, il travaille pour la Compagnie du Grenier de Toulouse avec Maurice Sarrasin, Simone Turk et Daniel Sorano, en produisant des décors, costumes, peintures ; maquettes et plans pour vingt œuvres du répertoire. Cette collaboration à la très remarquable aventure du Grenier va durer de 1945 à 1964. Pour ce dernier, il écrit aussi des musiques de scène mêlant ainsi, de la façon la plus harmonieuse qui soit, ses deux formations – musicale et picturale – qui se complètent avec le plus grand bonheur.
En 1941, le Lyrique fait appel à son talent ; il participe dès lors, et ce jusqu’en 1980 avec Werther, à la réalisation de trente Œuvres pour le Théâtre du Capitole (Opéras, Ballets, reprises et créations mondiales).
Le premier ‘décor construit’ voit le jour cette même année pour Œdipe-Roi, ce qui représente, à l’époque, une révolution dans le milieu théâtral.
En 1957, Maurice Mélat entreprend la première réalisation complète des décors et des costumes dans les Ateliers Municipaux de Toulouse, Pénélope de Gabriel Fauré, qui reste dans toutes les mémoires, en est la première illustration, suivie en 1958 du Roi David.
Compte tenu de l’importance de l’œuvre, il ne reste, hélas, que peu de traces de ces années historiques du Théâtre à Toulouse.

 

Les esquisses, maquettes et études préparatoires ont été trop rarement conservées par l’artiste. La partie de ces réalisations qui se trouvait dans l’ancien local occupé par la troupe du Grenier de Toulouse, rue Coupefer, a été détruite presque entièrement par l’incendie du 21 octobre 1970.
Cependant, certains de ces travaux préliminaires qui illustrent les recherches faites par Maurice Mélat ont pu être sauvegardés et ont été présentés au musée Goya de Castres. D’autres seront exposés au musée Paul Dupuy à Toulouse.

A coté de ses dessins, ses gouaches, ses huiles, nous trouvons aussi des tapisseries qui témoignent d’un autre volet de son Art. Esprit curieux et créatif, il conçoit pour Aubusson de nombreux cartons pour les tapisseries qui ornent bâtiments publics et collections privées.
On le retrouve donc, de 1962 à 1981, aux côtés de Marc Saint-Saëns et de Lurçat, artisans du renouveau de la tapisserie en France.
Pédagogue généreux et enthousiaste, musicien exigeant dans sa pratique comme au premier jour, scénographe au rôle prépondérant dans l’essor du théâtre toulousain, cartonnier, peintre et dessinateur exposant régulièrement au Salon de la SAM dont il est le Président de 1966 à 1984, les nombreuses facettes de cet artiste raffiné et talentueux ne doivent pas nous cacher l’être délicieux qu’il était. Mais encore homme multiple, il a fait sienne la devise ‘mens sana in corpore sano’ puisqu’il fut aussi un alpiniste émérite, gravissant le Cervin à l’âge de 60 ans.Le prix Clémence Isaure qui lui fut décerné le 4 novembre 1991 par l’Académie du Languedoc ainsi que la Médaille d’or de la Ville de Toulouse remise le 25 mai 2000 par Dominique Baudis vinrent justement récompenser la qualité et l’étendue de l’œuvre de cet artiste riche et éclectique, intègre et désintéressé, qui est pour nous un exemple. Ces distinctions honorent un ‘honnête homme’ du XXe siècle qui a tant apporté au patrimoine artistique de sa Ville et de sa Région.

Maurice Mélat nous a quitté le 29 janvier 2001.

Françoise Alric 


Paul MESPLÉ (1896 - 1982)

Paul Mesplé est né le 11 juin 1896. Administrateur de MISTRAL, fervent régionaliste, il a passionnément aimé Toulouse, qu’il a quittée à 86 ans, le 28 Août 1982.
On connait surtout l’érudit, celui qui, de 1941 à 1964, a occupé le poste de conservateur du Musée des Augustins. A ce titre, il a organisé d’importantes expositions : Toulouse vue par ses peintres, la Vierge dans l’Art Méridional, l’Art Baroque de Saint-Sernin et l’Age d’Or de la peinture toulousaine, présentée au Pavillon de l’Orangerie à Paris. Son activité de chercheur s’est manifestée par la publication d’ouvrages majeurs sur l’histoire de la région : Images de Toulouse (1933) et Vieux Hôtels Toulousains (1948), tous deux illustrés d’aquarelles de son ami le peintre Edouard Bouillière, A travers l’Art toulousain-Hommes et Œuvres. Deux études pour les musées de France sur la sculpture romane et sur la peinture du musée des Augustins, cette dernière préfacée par A. Maurois, ont aussi proposé de nouvelles perspectives.

A cela s’ajoutent de nombreuses publications dans les collections diverses sur Toulouse, Albi, sur Auch et les églises du Gers, sur les monuments de la Gascogne gersoise et des communications aux sociétés savantes dont il était membre, comme la Société Archéologique du Midi de la France.
Pour l’amour de sa ville, pour sauvegarder ses paysages et ses monuments, ce savant s’est fait militant, pamphlétaire. Membre dès 16 ans de la Société des Toulousains de Toulouse, il y occupe rapidement des responsabilités et assure en particulier pendant 55 ans la publication de son mensuel L’Auta. Cette publication, la chronique littéraire et artistique rédigée pour l’Express du Midi, La Garonne, La petite Gironde (son fils conserve précieusement 24 cahiers couvrant le période 1914-1970) et le siège occupé par la commission Départementale des Sites sont pour lui autant de tribunes d’où il alerte les pouvoirs publics et dénonce avec la dernière énergie les projets et réalisations qui, à ses yeux, portent atteinte au patrimoine de Toulouse.

Ces multiples travaux ne constituent que la face visible et publique des activités de Paul Mesplé. Parallèlement, cet homme discret cultivait une riche vie intérieure en utilisant l’expression poétique et surtout picturale.
Formé aux Beaux-Arts de Toulouse, il pratique l’huile, la gouache et l’aquarelle et participa aux expositions collectives de la Société des Artistes Méridionaux, dont il est Sociétaire à 25 ans, secrétaire de 1930 à 1946, puis Vice-président de 1947 à sa mort.
Scènes d’intérieur, natures mortes, vues de Toulouse sollicitent son imagination.
Pendant la guerre notamment, resté au musée des Augustins pour veiller sur les œuvres, il occupe ses loisirs forcés en peignant ce qu’il voit : le musée sous tous ses angles, ses murs, son cloitre. Ainsi Paul Mesplé a t-il élaboré une œuvre picturale d’ampleur insoupçonnée, restée longtemps confidentielle : son dialogue avec son sujet n’avait pas besoin d’un tiers spectateur et Paul Mesplé peintre ne cherchait pas le public.

Élisabeth Aragon


Jean MONTIER (1911 - 1992) 

Jean Montier est né à Dijon en 1911. Etudes spécifiques aux Beaux-Arts de Rouen et de Paris. Architecte DPLG en 1933. Exerce la profession jusqu’en 1980. Professeur aux Beaux-Arts de Toulouse de 1953 à 1979. Architecte de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse jusqu’en 1980.
Jean Montier a très longtemps participé, non seulement à bon nombre de réalisations architecturales à Toulouse, mais aussi, très activement, à la destinée de notre Société dont il avait été Vice-président puis Président d’Honneur. Affiches et couvertures de nombreux catalogues signées de sa main en sont la preuve.

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Peu de temps avant sa disparition, Jean Montier avait, le 2 juin 1992, éprouvé le besoin d’écrire un texte qu’il avait intitulé « FRESQUE ». Il s’agissait d’une sorte de conclusion à sa vie qu’il sentait certainement arriver à son terme. Il est mort le 22 juillet, 50 jours après.

FRESQUE
« Ce que j’ai fait en Architecture et en Peinture me semble irréel. Mon œuvre est pour moi, à présent, un bouquet de souvenirs et de caresses qui peuvent être décrits comme une Aventure voulue depuis mon plus jeune âge. Ignorons l’école Primaire de La-Neuville-en-Hez et la Secondaire de Beauvais pour ne signaler que les écoles des Beaux-Arts de Rouen et Paris, Quai Malaquais, qui m’ont ouvert à l’amour de la profession. Maintenant, je n’entends plus que les échos que l’ensemble de mon travail m’inspire avec ravissement et qui m’enchante sans mélancolie. J’ai toujours conservé le souvenir des Princes de la Construction qui m’ont fait confiance pendant quarante années, qu’ils soient : Présidents de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Directeur de l’Ecole des Beaux-Arts, Directeurs généraux des Administrations Laïques et religieuses, Présidents de Sociétés HLM et d’Offices HLM …, aidé que je fus par des collaborateurs capables qui m’ont toujours donné satisfaction et que je remercie.

En peinture, le chemin est différent. Il m’a permis, moi l’autodidacte, de fréquenter les Meilleurs avec lesquels j’ai aussi partagé les joies de la Poésie et de la Musique. Je termine ce long voyage satisfaisant baigné de songe et de douceur qui me font regretter l’aurore de la vie ».
Jean Montier – Le 2 juin 1992

Ces quelques mots résument parfaitement l’enthousiasme qui fut le sien et la maitrise de son Art qui a toujours servi, sans l’entraver, la spontanéité de son esprit et la fraicheur de son regard.

Bernard RYON


Serge SALTEL 

Fils du célèbre photographe Bernard Saltel, Serge est né le 18 mars 1936 à Toulouse. Il fait de solides études d'abord aux Beaux-Arts de Toulouse puis en 1958, muni d'une bourse de l'UNSECO , à ceux de Bruxelles où il obtient la médaille d'Or en "Peinture et Publicité". Il termine son cursus aux Beaux-Arts de Paris.
Il rentre à Toulouse où viennent de s'ouvrir "Les Nouvelles Galeries". Serge y mène toute sa carrière d'étalagiste décorateur. Il crée aussi des panneaux pour les chambres d"enfant qu'il propose dans les magasins de la ville. Il participe à l'élaboration de livres de coloriages pour les Éditions Blas. Mais sa passion pour la peinture est toujours là et il présente ses œuvres dans de nombreux Salons où il obtient plusieurs Prix.
Cependant, il va trouver à travers le dessin humoristique une expression originale plus conforme à son œil critique, voire mordant, qu'il porte sur le monde.
Ses premiers envois paraissent en 1965 dans L'Ècho des galeries et, en 1966, Le Monde et la Vie en publie une série. Ridendo, La Vie Catholique, Mode de Paris, France Dimanche, Ici Paris, Le Fait Public, Plexus, Le Herisson, Franc Rire et bien d'autres lui ouvrent leurs pages. Il est présent à la Biennale de l'humour à Talentino en Italie, la plus importante du genre en Europe et il y est souvent invité.
La peinture le rattrape et, dès 1983, il expose dans nos Salons des toiles dans lesquelles s'exprime sa reflexion ironique. Il pose toujours son regard aussi acéré sur la vie et les hommes faisant ainsi, en un véritable tour de force, la synthèse entre le dessin humoristique et la création picturale.


MANHATTAN (Huile - 81 x 54 cm)

Serge, Sociétaire depuis 2001 s'en est allé le 1er janvier 2010.

Françoise Alric


Christian SCHMIDT

Christian Schmidt est né au Maroc le 18 octobre 1920, jour de la Saint-Luc, protecteur des Peintres. Etudes à Strasbourg puis Paris ou il fréquente l’atelier du maître Gromaire qu’il admire.
Rentrant des camps de prisonnier en 1943, il rejoint sa famille repliée à Toulouse. Résistance, Gestapo, Mauthausen : médaille militaire, Croix de Guerre. Mais on connaît surtout Schmidt le peintre.

En 1945, c’est l’aventure du ‘chariot’ avec Hugon, Yankel, Goedgebuer, Vernette, Teuillières, Pagès … une histoire d’amitié.
En 1950, il est professeur aux Beaux-Arts. Il crée en même temps son premier Atelier privé ou, pendant près de trente ans, il regroupe une vingtaine d’élèves, ‘les peintres du mardi ', puis l’Atelier 208, plus largement ouvert.
Pédagogue généreux mais très exigeant, ouvert à toutes les tendances pourvu que l’on ne triche pas, il a su créer dans ses Ateliers un climat de complicité incomparables ou se sont forgées de solides amitiés. Individualiste, il savait cependant écouter les autres, les comprendre et les guider sur les chemins de l’Art sans imposer sa vision personnelle : ‘je suis là pour vous aider à trouver votre propre signature’.
C’était un homme de grande culture, le théâtre faisait aussi parti du personnage. C’était sa seconde nature et nul n’a été surpris de l’entendre à la ‘cave poésie’, chez son ami René Gouzenne, dire des textes de Tchekhov ou de Beckett.

Il fut également le premier directeur du Centre Culturel de Toulouse, compétent et imaginatif (1964-1972). Responsable pendant douze ans du Cabinet d’Esthétique de la ville, il se bat pour la restauration de la brique et de l’architecture d’origine dans les quartiers historiques. Pour achever le portrait esquissé d’un homme qu’il fallait bien connaitre pour lui accorder estime et amitié, on peut citer cette réflexion de Marie-Louise Roubaud : ‘Chez Schmidt, l’anecdote cruelle cache le silence un peu hautain des Stoïques qui veulent faire croire que rien ne les touche, alors qu’un souffle d’indifférence les blesse à mort’. Stoïque, il l’a été jusqu’au bout de sa vie pour tenir tête à la maladie, le pinceau à la main.
C’est à Bages, en 2003, que s’achèvera son parcours, un site qu’il aimait particulièrement et qui lui a inspiré quelques-unes de ses meilleures toiles.

Lucette Roubinet


Élisabeth SUPLY-CELHAY 

Élisabeth SUPLY, épouse CELHAY, est née le 3 mai 1927 à Lille. Artiste dans l'âme, elle est d'abord musicienne. Puis, installée dans le Sud-Ouest, elle s'implique dans le mouvement associatif et, en 1972, devient présidente de l'association d'arts pastiques Fontaine-Laborde à Anglet (Pyrénées Atlantiques).
On y propose des séances d'apprentissage et de la pratique de la peinture grâce à l'animation faite par des peintres confirmés et la tenue régulière de deux Salons annuels.

C'est ainsi qu'Élisabeth a commencé à peindre. Expositions personnelles, surtout dans le sud de la France, ou collectives en Europe, aus États-Unis et jusqu'au Japon se succèdent. Les récompenses aussi. Les Méridionaux la découvrent en 1988 et exposent dès lors ses toiles dans leurs Salons.
Elle devient Sociétaire de la SAM en 1992.
Son œuvre, souvent teintée de mélancolie, transmet aussi force et énergie à travers une inspiration abstraite qui maintient cependant toujours un fil avec des éléments de la réalité.

Élisabeth nous quitte le 29 juillet 2009.

Françoise Alric


Translucide - (Huile 100 x 81)


Jean TEULIÈRES 

Né à Montauban le 15 novembre 1919, Jean fait ses études de 1936 à 1939 aux Beaux-Arts de Toulouse puis aux Arts décoratifs à Paris. La céramique l’intéresse particulièrement et, à partir de 1948, il présente à la SAM des pièces originales servies par une technique parfaite. Cette même année, il adhère au groupe « le chariot » qui vient de naitre. Le sculpteur Pagès, les peintres Goedgebuer, Hugon, Schmidt, Vernette, Sociétaires de la SAM, le parisien Yankel (réfugié à Toulouse pendant la dernière guerre) se retrouvent pendant une dizaine d’années en une amicale émulation. Jean propose de ‘trop’ rares expositions à la Galerie Chappe, puis chez Simone Boudet.

Parallèlement au professorat de modelage et de céramique qu’il exerce aux Beaux-Arts de la ville de 1951 à 1989, il mène une carrière de décorateur, toujours en quête de nouvelles formes, de nouveaux émaux. Pendant plus de trente ans, la majorité de son travail évolue autour d’ouvrages destinés à des bâtiments privés ou publics, des monuments historiques ou religieux (chapelle Saint-Antonin aux Jacobins). On compte plus d’une centaine de ses réalisations dans la région, la plus emblématique restant les vingt-six blasons de la gare Matabiau.
Teulières participe au programme initié en 1951 par le ministère de l’éducation nationale : ‘le 1% artistique’. C’est ainsi qu’il collabore avec des architectes comme Castaing, Montier, le sculpteur Pagès, les peintres Letaudy, Goedgebuer, (eux aussi Sociétaires de la SAM). De nombreux lycées, collèges, écoles de la région portent son empreinte. Plus confidentielle, mais très appréciée des collectionneurs, une autre facette de son activité réside dans la création de nombreux objets décoratifs ou publicitaires ainsi que de mobilier intérieur. Fidèle assistante, son épouse Suzanne est partie prenante dans tout le travail de Jean.
Sociétaire en 1953, il expose avec nous jusqu’en 1989 et s’éteint le 23 juin 2009 à Lacroix-Falgarde.
 

Françoise Alric

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